Écriture académique
Que faut-il citer dans un mémoire ? Les passages à sourcer
Quels passages d'un mémoire réclament une référence et lesquels non : chiffres, idées d'autrui, citations, paraphrases. Méthode de relecture pour ne rien oublier.
5 juillet 2026 · 10 min de lecture
Au moment de rédiger un mémoire, une question revient sans cesse : « celle-là, je dois la sourcer ou pas ? ». Trop citer alourdit le texte et donne l'impression que rien n'est de vous ; pas assez, et vous vous exposez au plagiat, même involontaire. La bonne nouvelle : décider quoi citer n'est pas une question de flair, c'est une règle d'attribution simple, avec quelques cas limites qui piègent tout le monde. Ce guide vous donne la règle, les exceptions, et une méthode de relecture pour ne rien laisser passer.
Réponse rapide : que faut-il citer dans un mémoire ?
Vous devez citer toute affirmation qui ne vient pas de vous : un chiffre ou une statistique, une idée ou une thèse empruntée à un auteur, une citation mot pour mot, une paraphrase d'un texte existant, une méthode ou un protocole repris d'ailleurs, une figure ou un tableau réutilisés. À l'inverse, vous n'avez pas à sourcer le savoir commun de votre discipline, vos propres résultats et analyses, ni une opinion personnelle que vous construisez à partir de vos données. La règle tient en une phrase : si un lecteur pouvait légitimement demander « d'où tenez-vous cela ? », il faut une référence.
Ce qui doit toujours être sourcé
Ces catégories ne souffrent aucune exception. Dès que l'une apparaît dans votre texte, une référence doit l'accompagner.
- Les chiffres, statistiques et données quantifiées. Un pourcentage, un effectif, un montant, un résultat d'étude : chaque donnée chiffrée que vous n'avez pas produite vous-même appelle sa source. C'est le cas le plus oublié, parce qu'un chiffre a l'air « neutre ». Il ne l'est jamais.
- Les idées, thèses et concepts d'autrui. Reprendre le raisonnement d'un auteur, mobiliser un concept qu'il a forgé, résumer une position théorique : même sans le citer mot pour mot, vous lui empruntez sa pensée. Elle doit être attribuée.
- Les citations directes. Toute reprise mot pour mot se met entre guillemets (ou en retrait pour les citations longues) et s'accompagne de la référence avec le numéro de page. Sans guillemets, c'est du plagiat, même la référence présente.
- Les paraphrases. Reformuler avec vos mots ne vous dispense pas de citer : l'idée reste celle de la source. Une paraphrase non référencée est l'une des formes de plagiat les plus fréquentes, et les logiciels de similitude la détectent de mieux en mieux.
- Les méthodes, protocoles et instruments empruntés. Si vous appliquez un questionnaire validé, une échelle de mesure, une grille d'analyse ou un protocole expérimental créé par d'autres, citez-en l'origine.
- Les figures, tableaux, schémas et images repris ou adaptés. Un visuel emprunté se référence sous la légende (« Source : … » ou « D'après … » s'il est adapté).
Ce qui n'a pas besoin d'une source
Sur-citer nuit autant que sous-citer. Quatre catégories se passent de référence.
- Le savoir commun de votre discipline. Les faits établis, non contestés, qu'un lecteur du domaine tient pour acquis (« l'eau bout à 100 °C au niveau de la mer », une date historique universellement connue). Attention : le savoir commun est relatif à la discipline et au niveau. Ce qui est évident en master 2 ne l'est pas forcément ailleurs ; en cas de doute, citez.
- Vos propres résultats et analyses. Les données que vous avez recueillies, vos observations, vos calculs, l'interprétation que vous en tirez : c'est la contribution originale de votre mémoire, elle n'appartient à personne d'autre.
- Vos opinions et votre argumentation personnelle, quand elles sont construites à partir de vos données ou d'un raisonnement que vous assumez. En revanche, dès qu'une opinion s'appuie sur un auteur, la source revient.
- La structure d'usage de votre type de document (introduction, problématique, méthodologie, etc.) : ce sont des conventions, pas des idées à attribuer.
Les cas limites qui piègent
C'est là que la plupart des étudiants trébuchent. Quelques réflexes évitent l'erreur.
- « C'est connu, donc je ne cite pas. » Un fait « connu » du grand public peut rester une donnée précise attribuable (un chiffre officiel, un résultat d'enquête). Si vous êtes capable de nommer la source, c'est probablement qu'il en faut une.
- La source de seconde main. Vous lisez un auteur A qui cite un auteur B, et vous voulez mobiliser B. L'idéal est de retrouver et lire B directement. Si c'est impossible, la norme prévoit une citation secondaire (« B, cité dans A »), jamais une attribution directe à B que vous n'avez pas lu.
- L'idée reformulée à partir de plusieurs textes. Une synthèse personnelle de trois auteurs reste redevable des trois : on cite l'ensemble des sources mobilisées, pas seulement la dernière lue.
- La paraphrase « trop proche ». Reformuler en changeant deux mots n'est pas paraphraser : c'est une citation déguisée. Soit vous mettez entre guillemets, soit vous reformulez vraiment avec vos propres structures de phrase, dans les deux cas avec la référence.
Cette question du « quoi attribuer » est distincte de celle du taux de similitude et des outils qui le mesurent : si c'est le sujet qui vous préoccupe, voyez notre guide dédié, éviter le plagiat dans un mémoire. Ici, on répond en amont : bien décider quoi sourcer, c'est ne jamais avoir à s'inquiéter d'un score.
Une méthode de relecture pour ne rien oublier
Décider au fil de la plume est un bon début, mais l'oubli guette toujours. Ajoutez une passe de relecture dédiée aux sources, séparée de la relecture de fond et de la relecture orthographique.
- Surlignez chaque affirmation factuelle, chiffrée ou attribuable à quelqu'un.
- Pour chacune, posez la question test : « d'où je tiens ça ? » Si la réponse est « d'une lecture », il faut une référence. Si c'est « de mes données » ou « de mon raisonnement », non.
- Vérifiez que chaque appel de citation a bien une entrée correspondante dans votre bibliographie, et inversement qu'aucune référence listée ne reste orpheline dans le texte.
Cette passe est fastidieuse à la main sur cinquante pages. Dans Folio Student, un assistant repère les passages qui réclament une source et vous les signale directement dans l'éditeur : il ne va pas chercher les références à votre place, il attire votre attention là où une source manque, pour que vous décidiez. Vous ajoutez ensuite chaque source en un clic, et la bibliographie se construit et se trie à la bonne norme automatiquement, les appels devenant cliquables dans le PDF. La détection est offerte à hauteur de 2 analyses par mois sur le plan gratuit, 30 par mois sur le plan payant ; la gestion des citations et de la bibliographie, elle, est incluse sur tous les plans.
Une fois que vous savez quoi citer, formatez à la norme
Savoir quoi sourcer est la première moitié du travail ; la seconde est de présenter chaque référence selon la norme imposée par votre établissement ou votre discipline. Appel dans le texte, entrée en bibliographie, ponctuation, ordre des éléments : tout est codifié, et cela change d'une norme à l'autre. Nos guides détaillés couvrent les principales :
- Norme APA 7 (sciences humaines et sociales, psychologie)
- Style Vancouver (médecine, santé)
- Norme MLA 9 (lettres, langues)
- Norme Chicago 17 (histoire, sciences sociales)
- Norme IEEE (ingénierie, informatique)
- Norme ISO 690 (universel francophone)
Si vous gérez vos références avec un logiciel dédié, notre guide Zotero pour un mémoire explique comment automatiser la collecte et la mise en forme à la norme imposée. Et pour construire la liste des références sans la saisir à la main, voyez bibliographie automatique : gérer ses citations de mémoire.
En résumé
- On cite tout ce qui ne vient pas de soi : chiffres, idées d'autrui, citations, paraphrases, méthodes et figures empruntées.
- On ne cite pas le savoir commun de la discipline, ses propres résultats, ni une opinion construite à partir de ses propres données.
- Test infaillible : si un lecteur peut demander « d'où tenez-vous cela ? », il faut une référence.
- Les pièges classiques : paraphrase trop proche, source de seconde main, données « connues » mais attribuables.
- Prévoyez une passe de relecture dédiée aux sources, distincte des autres, pour ne rien oublier.
- Décider quoi citer est une question d'attribution, en amont du taux de plagiat ; une fois la décision prise, il reste à formater à la norme attendue.
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